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L'oeuf de rokh


Les voyages de Sindbad le marin

Les marchands cassèrent l’œuf. Illustration de Gustave Doré

Après une longue navigation, le premier endroit où nous abordâmes, fut une île déserte où nous trouvâmes l’œuf d'un rokh . . . de la grosseur d'un dôme . . . il renfermait un petit rokh près d'éclore, dont le bec commençait à paraitre . . .

Les marchands qui s'étaient embarqués sur mon navire . . . cassèrent l’œuf à grands coups de haches et firent une ouverture par où ils tirèrent le petit rokh par morceaux et le firent rôtir . . .

Extraits du conte arabe " les mille et une nuit ".

Oeuf littéraire


En littérature, un œuf est un poème dont les vers sont assemblés de manière à représenter par ses contours la forme ovoïde. C'est un calligramme dont les premiers et derniers vers sont courts, alors que les vers du milieu ont des longueurs variables pour donner au poème cette forme d’œuf.

C'est Simmias de Rhodes, poète grec du IV ème siècle avant Jésus Christ qui en serait l'inventeur.

Ci-dessous, un petit essai personnel :


La cane de Jeanne


Chanson dédiée à Jeanne Planche qui recueillit Georges Brassens chez elle ; Impasse Florimont dans le 14ème arrondissement de Paris.

La cane
De Jeanne
Est morte au gui l'an neuf
Elle avait fait la veille
Merveille
Un œuf

La cane
De Jeanne
Est morte sur son œuf
Et dans son beau costume
De plumes
Tout neuf

La cane
 De Jeanne
Ne laissant pas de veuf
C'est nous autres qui eûmes
Les plumes
Et l’œuf

Georges Brassens
Extraits


L'oeuf divulgué


Les femmes et le secret

Rien ne pèse tant qu'un secret :
Le porter loin est difficile aux dames ;
Et je sais même sur ce fait
Bon nombre d'hommes qui sont femmes.

Illustration de François Chauveau (1613-1676). Dessinateur et graveur.

Pour éprouver la sienne un mari s'écria
La nuit étant près d'elle : ô Dieux ! Qu'est-ce cela ?
Je n'en puis plus, on me déchire :
Quoi ! J'accouche d'un œuf ! D'un œuf ? Oui, le voilà
Frais et nouveau pondu : gardez bien de le dire,
On m'appellerait poule. Enfin n'en parlez pas.

La femme neuve sur ce cas,
Ainsi que sur mainte autre affaire,
Crut la chose, et promit ses grands dieux de se taire.
Mais ce serment s'évanouit
Avec les ombres de la nuit.

L'épouse indiscrète et peu fine,
Sort du lit quand le jour fut à peine levé :
Et de courir chez sa voisine.
Ma commère, dit-elle, un cas est arrivé :
N'en dites rien surtout, car vous me feriez battre.
Mon mari vient de pondre un oeuf gros comme quatre.
Au nom de Dieu, gardez-vous bien
D'aller publier ce mystère.

Vous moquez-vous ? Dit l'autre : ah ! Vous ne savez guère
Quelle je suis. Allez, ne craignez rien.

La femme du pondeur s'en retourne chez elle.
L'autre grille déjà de conter la nouvelle :
Elle va la répandre en plus de dix endroits.
Au lieu d'un œuf elle en dit trois.
Ce n'est pas encore tout, car une autre commère
En dit quatre ; et raconte à l'oreille le fait :
Précaution peu nécessaire,
Car ce n'était plus un secret.

Comme le nombre d’œufs, grâce à la renommée,
De bouche en bouche allait croissant,
Avant la fin de la journée,
Ils se montaient à plus de cent.


Jean de La Fontaine
Livre huitième
Fable VI